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Ne descends pas au premier arrêt

En pleine ascension, j’ai pris la décision d’arrêter de transmettre mes connaissances dans la structure qui m’avait initialement plongée dans le grand bain de l’enseignement.

Pour quelle raison ? Pour commencer il y en a plus d’une, et j’estime important de préciser que chacun vit son aventure yogique de la façon dont il/elle l’entend. Je ne juge personne ou ne regrette en aucun cas l’expérience que j’ai pu vivre, je remercie chaque moment qui m’a permis d’en apprendre un peu plus sur moi-même. Il s’agit simplement d’un individu, tentant d’exprimer au mieux les remous de la vie d’un yogi.
Le monde du fitness/yoga/culture du corps et de l’esprit est si vaste qu’avec l’engouement qu’il y a pour ces différentes formes d’exercice il est aujourd’hui très facile de s’y perdre. C’est une des raisons pour lesquelles je ne souhaitais plus prendre part à tout cela. M’éloigner de ce qui se fait de plus actuel a été la meilleure décision que j’ai pu prendre pour revenir à ce qui a engendré tout mon amour pour cette discipline. Je voulais me recentrer sur ce qui m’a emmené à pratiquer seule, à vivre mon yoga de l’intérieur.
Oui, Instagram est une source d’inspiration mais c’est aussi une illusion que de croire que l’on pratique de manière sincère et ininteressée en se montrant, en postant une photo tous les jours #yogaeveryfuckingday, en partageant une citation que l’on pense inspirante pour les autres. Avoir la photo parfaite d’une posture sensationnel, bien sûr, c’est excitant et on peut éprouver un certain plaisir à recevoir des likes de personnes inconnues. Cependant, la spiritualité sur papier glacé m’est apparu si superficiel que j’ai perdu tout enthousiasme.
Lors de mes dernières expériences, j’ai réalisé que dans une multitude de pratiquants, très peu se montrent transparents. Le professeur n’est pas supposé être placé sur un pied d’estal, le but de toutes choses est de se connecter, s’unir, comprendre que les relations humaines sont au centre de tout. Mais la cupidité, la vanité, la mégalomanie sont des traits de caractère puissants, et cela peut paraître puritain mais si j’apprécie autant cette quête vers mon Moi intérieur c’est parce que j’ai le sentiment que j’y trouverai une sorte de vérité, une sorte de libération.
En bref, mon cœur me criait de ne pas me fixer, de continuer de chercher, d’écouter cette sensation un peu malaisante. Me faire confiance en quittant une situation frustrante, pour revenir à l’essentiel. Si la structure dans laquelle j’ai appris énormément, ne me correspondait, ça ne veut en aucun cas dire qu’elle était mauvaise. Il faut simplement aller vers ce qu’il y a de meilleur pour soi même et c’est ce que j’ai choisi de faire.
Ne descends pas au premier arrêt, lorsque tu sais pertinemment que ton aventure dure toute une vie. Lorsque tu as conscience que ton souffle peut s’éteindre sans prévenir et que tu cherches à donner un sens à cette démence. Cultiver son jardin intérieur dans le but de s’affranchir de ses idées reçues, ses peurs, ses doutes et ceux d’autrui, peut-être est-ce là, la solution. Sois toi même quoi qu’il arrive, ne t’excuses pas d’être mal à l’aise dans certains environnements. Nous sommes tous pareils et différents à la fois, c’est ce qui rend la vie est intéressante. Il y a toujours de multiples angles de vue, de multiples versions d’une histoire. Il faut l’accepter et avancer.
Aujourd’hui, j’ai retrouvé toute mon allégresse, je ne cherche pas à prouver que je suis une bonne yogini ou de rentrer dans une case, car je ne suis rien d’autre qu’un être humain, avec toutes mes imperfections et mes vertus. Cette entaille dans mon parcours est comme une bouffée d’air frais, et je n’ai qu’une hâte, c’est de pouvoir poursuivre mon périple, purement et simplement.

leayogalova

Comments:

  • Jess

    24/01/2019 at 18:05

    Très beau témoignage qui fait réfléchir..! Merci pour ce partage.

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